Tablelands (ceux du Queensland, parce que oui, il y en a aussi dans le New South Wales!)

Après cette petite virée  dans les contrés verdoyantes du nord, nous voici en route pour les Tablelands, autrement dit le plateau d’Atherton.

Notre chère Atherton ! Considérée comme la capitale du haut plateau, elle n’est guère plus qu’un bourg agricole et une ville de passage pour la plupart des voyageurs. Malgré avoir été délestée de « quelques dollars » suite à un moment d’inattention tandis que nous roulions vers d’autres aventures (Merci Pascale !), nous avions décidé de passer le nouvel an dans cette petite ville, dans un camping. Après s’être régalées d’un menu gourmet digne d’un grand chef, à savoir, du saumon fumé sur des blinis, nous avons fait une tentative d’exploration de la ville. Un peu de socialisation ne fait pas de mal. A peu près apprêtées comme il se doit, enfin, c’est un bien grand mot pour nous autres backpackeurs…! Disons mettre des vêtements qui ne soient pas troués, tachés ou bien complètement décolorés par le soleil et la poussière du bush. Il nous a fallu seulement 30 minutes à pied pour rejoindre le centre-ville et trouver un bar. En fait, le seul bar d’Artherton. Bon ça a été rapide, nous avons simplement passé la tête dans ce bar aux lumières vives et électriques (épileptiques s’abstenir!) et nous sommes reparties aussitôt.  Veni, Vici, et reparties. Le bar était rempli de mâles qui avaient déjà bien entamés la soirée. Pas à l’aise pour un sous, nous voilà rentrées au camping vite fait bien fait. Les campeurs se sont tous souhaités la nouvelle année à 10heures du soir et sont partis se coucher. Pour un peu on faisait pareil tellement on était fatiguées. Nous avons quand même tenu jusqu’à ce que minuit sonne. Allez, on est jeune quand même !!! Nous avons donc entamé la nouvelle année sur une note très tranquille et positive.

Quel plaisir de retrouver les routes sinueuses de nos montagnes direction le lac Eacham. Des montagnes !!! Que dis-je, des collinettes!!Oui oui oui, il y a un peu de relief par ici. Maximum atteint 1000 mètres d’altitudes ! On s’est cru gravir notre belle route de la Faucille. A fond les ballons dans les virages, on voit tout de suite les experts. Bon, il a fallu quand même lever un peu le pied hein Pascale ! Mon baromètre de vomito était légèrement en alerte rouge. Rassurez-vous nous ne pouvons pas aller bien vite avec notre petite vieille. Ce lac niché dans un ancien cratère volcanique est classé au patrimoine mondial, il est niché au milieu de la forêt humide, on a même pu y observer une petite tortue qui passait par là. Un pique-nique dans cette belle forêt, puis un gros plouf dans cette eau turquoise, voilà une journée détente bien agréable. Premier plouf parmi tant d’autres à venir. De nombreuses chutes, cascades se cachent dans les Tablelands. On peut donc se baigner en toute tranquillité sans craindre de se faire croquer par un crocodile. L’eau est par contre très très froide ! Rien ne retient Pascale qui saute littéralement dans son maillot de bain et hop ni une ni deux elle est déjà dans l’eau. Même pas peur ! « Mais viens Coliiiiiiine »! « Je crois que je vais me contenter d’un bain de mollets, ne m’en veut pas ! » Notre circulation sanguine n’aura jamais été autant au top !

Direction Milla- Milla. Pourquoi se contenter d’une seule cascade quand on peut en voir trois sur ce circuit! C’est donc partie pour la tournée: Zillie falls où la rivière fait un plongeon spectaculaire. Ellinjaa falls, on n’y a fait que se tremper les pieds et oui même Pascale car l‘eau était vraiment fraiche.Le soir nous avons logé dans un superbe camping, le propriétaire était vraiment gentil et nous a trouvé le meilleur spot du site. Un petit coin de paradis sous une épaisse couche de bambous climatisé par la bise, c’était parfait! Très bel endroit pour se ressourcer, perdu au milieu de nul part.

 

Le lendemain nous sommes parties faire la skywalk dans la forêt tropicale. Enfin, après un petit aller-retour au camping, car Pascale avait oublié ses tongs, encore une fois ! Nous avons donc randonnée dans le Wooroonoon parc national puis grimpé des escaliers pour atteindre un spectaculaire point de vue à 37 mètres de haut sur toute la Rainforest. En un mot : magnifique.

Fines excitées nous nous dirigions vers Paronella Park, un parc original qui abrite les vestiges d’un château espagnol datant des années 1930, lorsque nous avons reçu un coup de fil fatidique du travail. En effet nous devions être prêtes à aller packer des mangues le lendemain du côté de Mareeba, soit à 200km d’où nous nous trouvions. Bon nous nous sommes tout de même arrêtées en chemin à Henrietta Creek pour un dernier plongeon et afin de recharger les batteries de bonnes ondes fenshui avant d’attaquer cette dernière ligne droite !!!

Nous revoilà donc à travailler encore et toujours pour la même compagnie de mangue : Manbulloo. Pascale a retrouvé sa position de contrôle qualité et moi, et bien je suis retournée à un poste de ”grader” cette fois-ci. Il s’agit de regarder, trier des mangues qui défilent sur un tapis roulant toute la journée. Heureusement nous étions deux à ce poste, quand nous n’étions pas prise en flagrant délit de discussion, le temps passait plus vite. Petite anecdote qui m’a illuminé une journée particulièrement morose. Pascale a du envoyer des photos de nos belles mangues à notre grand patron. Suite à un moment d’inattention, car oui elle devait être bien fatiguée la pascalou, en voulant signer de son nom, le correctuer automatique s’est mis au grand damne de Pascale malencontreusement en route tout seul. Soit, la direction a donc reçu un mail de Mme Pancake Girod (Enchantée de vous rencontrer!)… j’avoue que cela m’a bien fait rire ! Les chefs aussi d’ailleurs. Bref, nous avons passé de nouveau environ un mois dans cette ferme. Nous logions sur place dans notre van. La ferme étant implantée au milieu de nul part parmi 7000 manguiers et un bon nombre d’avocatiers également. Je peux vous assurer que le cadre était très joli. Nous avons eu le plaisir de retrouver Deb et James le couple d’australien que nous avions connu à Katherine dans la toute première ferme. Heureusement qu’ils étaient là d’ailleurs. Nous avons également travaillé avec Tarn et Jemima, deux petits jeunes de 18 ans dont l’un qui était le fils de la grande patronne. Le fait d’être entouré de ce beau petit monde nous a permis de tenir le coup et de finalement finir nos jours de ferme !!! ouiiiiiii nous avons désormais 95 jours de ferme. Nous avons donc demandé notre deuxième année de visa dans la foulée, ce qui nous a été accordé en 1 minute!!!  Si ce n’est pas beau ça ! Et le pompon c’est que nous avons de nouveau une place pour la saison prochaine avec frais de transport assuré par la compagnie ! Et oui, ils nous veulent encore ! Nous, on réfléchit encore si on veut d’eux où non !! Nous étions vraiment contente cette fois-ci de partir définitivement et de reprendre la route.

 

Premier arrêt, Kurunda, un village bohème au sein de la forêt humide des tablelands. Il s’agit surtout d’un petit village connu pour son marché artisanal tenus par des hippies. Il est très agréable de flâner parmi les différents stands, on y trouve de tout évidemment mais l’atmosphère est bon enfant et très tranquille. Nous avons d’ailleurs trouvé au détour d’un chemin, un stand français. On l’a vu de loin celui-là avec son béret sur la tête et son accent. Ce monsieur faisait principalement des pâtisseries françaises, du pain et des quiches. Qu’est-ce que ça fait du bien de retrouver les saveurs de notre bon pays ! Et puis nous étions également avec Deb et James qu’on a rejoint chez eux pour fêter l’Australia Day, le 26 Janvier. Pour la petit histoire, Australia Day célèbre le jour où la première flotte de Britanniques a mis les pieds sur le continent australien, le 26 janvier 1788. Australia Day est aujourd’hui controversée par les Aborigènes, ce qui se comprend, parce que pour eux, cette journée, c’est le moment où ça commençait à sentir le roussi…. Pour la communauté blanche, elle est célébrée à grand renfort de barbecue, de pique-nique et surtout beaucoup de binouzes !!! Ils ont une sacrée descente ces Australiens, on ne leur arrive même pas à la cheville. Nous sommes finalement restées une semaine chez Deb et James, on y a passé de sacrées bons moments. Ils nous ont gentiment accueillis au sein de leur foyer, le temps pour nous de nous refaire une santé. On en a également profité pour aller visiter l’aquarium de Cairns, tant attendu par Pascale. C’est vrai qu’il vaut le détour! Pis il y a des poissons bien marrants aussi!

Paronella park ! Rappelez-vous on voulait y aller il y a quelques temps mais nous devions finalement partir travailler. On avait hâte de visiter ce parc ! En plus son histoire est sympathique ! En quelques mots. C’est l’histoire d’un monsieur espagnol José Paronella, qui avait un rêve. C’est le cas d’un bon nombre d’entre nous me diriez- vous. Mais lui, ce n’était pas n’importe quel rêve ! Il voulait construire un château. Il partit donc de la catalogne vers les terres australiennes en espérant construire pour lui et sa fiancée, restée en Espagne, une « meilleure vie ». Il travailla très dur pendant onze longues années afin de faire fortune. Il acheta des fermes de cannes à sucre qu’il rénovait et revendait ensuite au plus offrant. C’est comme cela qu’il a fait prospéré sa fortune. Un jour, en voyageant hors des sentiers battus il découvrit une forêt vierge de toute habitation, le long de Mena creek Falls au sud du plateau d’Aterthon et décida de s’y installer. Heureux, il rentrât en Espagne pour y chercher sa promise. Sacrilège, celle-ci s’était déjà mariée à un autre. Il lui fallait absolument une femme, il se rabattit donc sur la sœur de son ex-fiancée, Margarita. Le jeune couple débarqua sur leurs terres en 1929, date à laquelle il commença la construction de son château. Il édifia un véritable sanctuaire. Il construisit lui-même un terrain de tennis, des ponts, un cottage, une salle de théâtre. Le tout entouré de plus de 7000 arbres. Ils eurent deux enfants. Malheureusement tous les rêves ont une fin. L’année 1946 marque le début d’une série de tristes évènements. Une inondation ravage une partie de ses jardins et autres infrastructures. José, décèdera en 1948. Puis sa femme le rejoindra en 1967. Son fils mourut d’une crise cardiaque, à l’âge de 35 ans. La femme de ce dernier tenta de continuer à faire vivre cet endroit. Cependant, un cyclone puis ensuite un incendie détruira une bonne partie de la propriété, ne laissant surtout que des ruines. Seules restèrent les fondations principales. Mais le Park n’est pas pour autant fini. Il a depuis été racheté,  et une rénovation est prévue fin 2020. Voilà en gros l’histoire de Paronella park !

Quant à notre histoire à nous, elle se poursuit par un loooong trajet jusqu’à Sydney, pour rejoindre les parents de Pascale venus rendre visite à leur tendre et chère fille pour un mois. Nous n’avons pas eu le temps de faire beaucoup de choses en deux semaines de route, il nous faudra ma foi revenir, pauvres de nous me direz vous!

On vous tiendra au courant de tout ça, rassurez vous!

A tout bientôt!

Les vacancières!

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Cairns et ses environs

Oyé la compagnie,

Pas de nouvelles depuis longtemps hein ? On dira merci les mangues !

Lundi 18 décembre, enfin, la saison des mangues est finie !! Quelques dernières heures de travail pour nettoyer la machine et voilà, fini ! (enfin pour l’instant…) Petit décompte des jours de ferme pour la deuxième année de visa : 74 jours de faits ! Plus que 14 jours, allez on tient le bon bout !! On dit au revoir à nos petits Vanuatus, et on trace notre route:)

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Un gros nettoyage de Félicie de fond en comble, et c’est avec une Félicie qui sent bon le propre que nous prenons la route pour Cairns, où nous rejoignons Marine, une amie française que nous avions rencontrée à Karijini, dans le Western Australia. Marine est de retour en Australie pour deux semaines avant de partir faire un nouveau PVT en Nouvelle-Zélande. Puisqu’elle restait une bonne semaine dans la région de Cairns, nous avons décidé de la rejoindre pour visiter les alentours et fêter Noël avec elle ! Au programme : Grande Barrière de Corail (GBC pour les intimes!), Cap tribulation et forêt tropicale, ça s’annonce pas trop trop mal !

Commençons donc par la grande barrière de corail ! Nous voilà embarquées sur un petit bateau, avec pas trop de monde à bord, seulement 50 personnes, ce qui est plutôt rare, d’ordinaire il y a toujours au moins 100 personnes, voir plus sur les ferry… Hé oui, la grande barrière de corail, c’est aussi une usine à touriste… Mais bon, il valait mieux la voir maintenant, parce que c’est pas dit qu’elle soit encore là dans une dizaine d’années (Coucou le réchauffement climatique!!). Nous avions opté pour du snorkling et une introduction à la plongée, exciting ! La grande barrière de corail s’étend sur plus de 2000km le long de la côte est australienne, il nous faudra 1h30 de navigation, par mer pas trop agitée (Echelle ”J’ai le mal de mer par Coline” : Nausée mais pas de vomi, malgré les cachets anti vomito, donc ça va, Imotep !), pour arriver sur notre premier arrêt. Les organisateurs emmènent les gens plonger par groupe de 3 ou 4, et le reste des groupe part faire du snorkling en attendant son tour. Premier contact avec la grande barrière de corail en snorkling, l’armée de plongeurs en capote, le retour !! Qu’est-ce que c’est beau… Des poissons de toutes les couleurs, des beaux coraux, des éponges, des mollusques et même une petit raie (non non pas celle de Coline voyons!): on a pas été déçue. On comprend pourquoi l’endroit est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Malheureusement, on trouve aussi des coraux morts, nous rappelant la fragilité de cet bel écosystème. Après 30 minutes de snorkling, c’est à notre tour de partir en plongée ! Une fois l’équipement enfilé (C’est lourd ce truc!!), un plouf, et nous voilà à l’eau avec notre monitrice. Nous rejoignons les fonds marins (oui enfin, 8m de profond, pas la fosse des Mariannes non plus hein!) par paliers pour laisser nos oreilles s’habituer à tant de pression, Avant de partir à l’exploration, notre monitrice nous fait signe de regarder vers le haut, pour apercevoir un beau barracuda (Ba-ra-cu-daaaaaa), belle bête cette chose là ! Et puis hop, nous voilà parties pour nager parmi poissons et coraux. On est restée 15 minutes au total sous l’eau, mais on serait bien restées plus. En plus de la beauté du lieu, c’est surtout le calme qui y règne qui nous a impressionnées. Ne vous trompez pas, ça grouille de petits poissons partout, ça bouge dans tous les sens, mais tout ça se fait dans un calme reposant et ressourçant. A la fin de la plongée, tout le monde remonte sur le bâteau pour un petit casse croûte bienvenu, puis en route pour le second spot de snorkling pour la journée. L’équipage nous emmène sur un îlot sableux au milieu de nul part, et puis nous lâche là, pour une nouvelle session de snorkling. Les coraux y sont moins impressionnants que sur le premier arrêt, mais nous avons la chance de voir une belle tortue, alors ça compense un peu. Fin de journée, retour au port, nous débarquons à Cairns avec pleins de beaux souvenirs…

 

 

Une bonne nuit de sommeil, quelques provisions et en route pour Cap Tribulation, et la forêt tropicale. La route est sensationnelle, une belle route qui tourne comme on les aime (Super Félicie serait bonne pour faire un rallye, je vous le dis!),à travers la forêt tropicale, tout en longeant la côte et la mer turquoise, de toute beauté ! Un peu d’Histoire avec un grand H : L’Australie, comme vous le savez tous (?), a été découverte par le Capitaine Cook. Lorsque ce dernier remonta la côte Est en direction de Manille, son bâteau s’échoua sur le récif corrallien dans cette région. C’est d’ailleurs lui qui donna ce nom de Cap Tribulation (”Cap du tourment”). Ca devrait être la grosse déprime, parce qu’il a aussi nommé un sommet également présent dans cet endroit Mount Sorrow (”mont du chagrin”). Il est resté dans le coin le temps de réparer son bâteau, puis est reparti à travers mers poursuivre sa destinée, voilà voilà… Ca c’était en 1770. Depuis, la région n’a été guère visitée, sinon peut-être par les aborigènes qui passaient dans le coin. 200 ans plus tard, des hippies décident de s’installer dans la forêt tropicale et c’est comme cela que la région acquiert la renommée qu’elle possède actuellement. Le parc national de Cap Tribulation est connu pour être le lieu où la forêt tropicale rencontre l’océan, le tout couronnée par de superbes plages de sables blancs, une invitation constante à la baignade ! C’est là que le drame arrive… Cet endroit idyllique, c’est aussi le paradis des crocodiles (les salties, vous savez, les méchants crocodiles quoi!). Puis en été, c’est aussi le lieu de rencontre des Blue Bottles Jellyfish, les méduses tueuses. Donc en gros, on se garde bien de rester les deux pieds sur la terre ferme. Mais je vous assure que c’est vraiment tentant…

 

Du coup, on se rapatrie sur la forêt tropicale. Au même titre que la grande barrière de corail, elle est également classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle s’étend sur environ 895 000 hectares, et c’est un paradis pour la biodiversité. On retrouve dans cette forêt 36% des espèces mammifères présentes en Australie, 50% des espèces d’oiseaux, 60 % des espèces de papillons, sans parler des nombreuses variétés d’arbres et de fougères présentent dans le coin. D’un point de vue plus subjectif, il nous semble que cette forêt contient aussi 100% des espèces de moustiques d’Australie ! On ne les avaient plus trop croisés depuis Kakadu, mais là, on les a bien trouvés ! Et eux aussi, ils nous on trouvés… Nous avons eu la fantastique idée d’aller faire une balade dans la forêt sans préalablement mettre d’anti-moustique, FATAL ERROR ! Nous étions toutes constamment entourées d’un nuage de moustiques lors de la promenade, dont nous avons passé la majorité du temps à se taper parmi. Une petite pause sur le chemin et c’était au moins 10 moustiques qui venaient se poser sur nous… Mais bon, aucun regret d’avoir fait cette promenade, non seulement pour la beauté de la forêt, mais aussi car nous avons eu l’occasion de croiser un casoar. Késako ? Voyons ce que dit Wikipédia à ce sujet : ” Issu de la famille des Casuariidae, le Casoar est une espèce menacée d’extinction. Il est difficile de l’observer. Le Casoar est considéré comme l’oiseau le plus dangereux du monde, ses pattes sont dotées d’une griffe longue de 12 cm. L’animal est capable de sauter en l’air et de blesser mortellement son adversaire d’un seul coup de patte”. Oui bon, ca donne pas vraiment envie de lui faire des câlins tout ça. Celui que nous avons croisé était sur le bas côté du sentier de promenade (Rassurez vous les mamans, on s’est tenu bien loin!!). Il n’empêche que c’était vraiment impressionnant à voir, on a l’impression de voir une bête sortie de la période des dinosaures !

 

Suite à celà, nous avons fait quitté la forêt tropicale pour retourner gentillement vers Cairns. Nous nous sommes arrêtées à Wonga Beach, dans un camping littéralement en bord de plage, pour fêter Noël. Noël dans la chaleur des tropiques, les pieds sur la plage à l’ombre des cocotiers, ça à son charme quand même. Et puis cerise sur le gâteau, Marine nous avait ramené des petites conserves de foie gras depuis la France, autant vous dire qu’on était aux anges ! Ca faisait du bien, un peu de saveurs de la maison… Mise à part ça, on a vraiment eu un coup de coeur pour ce camping, le propriétaire était adorable, et l’endroit vraiment fantastique, ca vous aurait plu !

Le 26 décembre, lendemain de Nöel, on décide de goûter un truc un peu spécial… la viande de crocodile ! Bien qu’ils soient une espèce protégée maintenant, quelques-uns sont tués de temps en temps afin d’éviter que la population ne pullule pas trop (non parce que autant avant, ils avaient pâle mine nos crocos, autant maintenant, il y en a vraiment de partout, ce qui n’est pas non plus au goût des Australiens…). Pour cela, direction Daintree Village, Coline et Marine optent pour le steak de croco, Pascale s’en tiendra à un bon burger. Verdict ? C’est pas trop trop mal, ça ressemble à un mélange entre le porc et le poulet, ca se laisse savourer cette affaire !

Un petit détour par la cascade de Barron sur le retour pour Cairns. Une jolie et grande cascade de 130 mètres de haut, impressionnante durant la saison humide par la quantité d’eau qui y passe. Nous on l’a vue en saison sèche, débit beaucoup plus faible…Il était maintenant temps de faire route sur Cairns, où nous avons du dire au revoir à Marine, qui continuait son chemin vers le sud…

 

Nous avons profité de notre retour sur Cairns pour faire coucou à Deb & James, deux australiens habitant à Cairns, qui travaillaient avec nous à Katherine dans les mangues. Puis nous avons décidé de partir sur les hauteurs de Cairns, explorer la belle région des Tablelands, la suite au prochain épisode !

A tutti !!

Mango Madness !

Salut la compagnie !!

Bon, comme vous avez pu le voir, le blog a un peu été laissé au repos ces derniers temps… Cela veut pas dire pour autant que les auteures ne faisaient rien. Non, non, non, loin de là !! Nous travaillons figurez-vous ! He oui, le roadtrip, c’est bien mignon, mais ça à son coût ! Du coup, pour se refaire un peu les popoches, nous venons de travailler 5 semaines dans une ferme de mangues, à Katherine dans le Northern Territory.

La ferme de mangues késako ?! Nous avons eu le privilège de travailler dans la plus grande ferme de mangues d’Australie, 42’000 arbres, rien que ça ! Et encore, 10’000 nouveaux arbres ont été plantés l’année passée, et 11’000 seront plantés dans les prochains mois de décembre et janvier, on vous laisse imaginer la taille du domaine ! La ferme emploie à temps plein 6 personnes, mais au moment de la récolte des mangues, le nombre d’employés monte à une centaine au total. Cela va des pickers (ceux qui ramassent les fruits), aux packers (ceux qui empaquettent les fruits, nous !!), en passant par les manageurs… Tout un petit monde quoi !

L’équipe des pickers était composés de bon gaillards venant des îles Samoa, et de gaillards un peu plus frêles venant des îles Vanuatu. Le gouvernement australien les autorise à venir travailler dans le pays le temps d’une saison. Pour les Samoans et les Vanuatus, cela représente une source de revenu importante. Grâce à l’argent gagné durant la saison, ils peuvent construire leur maison, ou démarrer des activités économiques dans leurs îles. Beaucoup reviennent plusieurs années de suite. Nous avons eu la chance de passer une soirée avec eux, ce qui nous a permis d’en connaitre un peu plus sur leurs cultures respectives, et surtout d’entendre leurs chants traditionnels, et c’était magnifique ! On a même eu droit au haka samoa, la classe à Dallas ! Bon, on a aussi reçu plein de demandes en mariages, mais rassurez-vous, aucune de nous deux ne va aller habiter dans les îles !

 

Nous étions dans l’équipe des packers : en gros, nous passions nos journées à empaqueter des mangues dans de jolis cartons, qui sont ensuite envoyés dans les divers supermarchés australiens, ainsi qu’à l’international (Canada, Corée, Chine…). Nous empaquetions les fruits récoltés la veille. Nos journées étaient donc dictées en fonction du nombres de bennes ramassées. Ce dernier allait de 90 (petite journée) à 220 (trèèèès longue journée!). Allez, un peu de calcul maintenant : une benne contient en moyenne 600 à 700 mangues (cela varie en fonction de la taille des mangues bien sûr…). Donc 220 x 700 = 154’000 mangues. Les plus grandes journées, c’étaient donc 154’000 mangues qui étaient traitées, triées et empaquetées. Assez fou non ?! Bon pour cela, vous vous doutez bien qu’on étaient pas toutes seules hein ! Au total, nous étions une trentaine de filles à bosser, il y en avait 4 au ‘grading’ : en gros, elles faisait un premier gros tri sur les mangues, elles rejetaient les vraiment moches ou celles qui étaient déjà mûres par exemple. Un second tri était effectué par nous au moment d’empaqueter les mangues : nous devions vérifier si elles correspondaient aux critères des mangues premium. Si non, elles étaient renvoyées vers la section ”Bulk”. Cette dernière comprenait les mangues abîmées, mais encore mangeables. Elles étaient vendues à un prix plus bas que les premiums bien sûr. Enfin, si une mangue était déjà mûre, ou bien coupée, où encore piquée par les insectes, elle était mise dans la section ”Juice”. Ces mangues étaient ensuite vendues aux fabricants de jus de fruits. Hééé oui, rien de se perd ! Après empaquetage des mangues, les cagettes étaient dirigées vers le coin ”Stacking”, où des garçons bien forts, venant aussi des îles Vanuatu, les empilaient sur des palettes, qui étaient ensuite préparées pour l’export. Et voilà, la boucle est bouclée !

La mangue c’est bien bon à manger, mais alors c’est sacrément pénible à ramasser et à conditionner. Je m’explique ! Quand on coupe une mangue de l’arbre, celle-ci rejette une sève (”Mango Sap” in English please!), et cette dernière est pas cool du coup. Pour les pickers, elle peut provoquer de grosses brûlures sur la peau . Du coup, nos amis pickers doivent bosser les bras et jambes couverts, quand il fait 39-40 degrés dehors, je vous laisse imaginer combien c’est agréable !! Lors de leur traitement dans l’usine, les mangues passent dans un bain de ”de-sap”, sensé arrêter la sève de couler de la mangue. Mais bon, pas efficace à 100%. Du coup, les suivantes à subir le mango sap, eh bien c’est nous, les packeuses. En même temps, en manipulant chacune 10’000 mangues par jour, on peut pas trop y échapper. Pour nous, ca sort sous forme d’allergie, de petits boutons rouges qui grattent plus ou moins. On peut se protéger en portant des longues manches et des gants, mais encore une fois, quand il fait 30-35°C dans l’usine, c’est pas forcément les habits qu’on aurait envie de mettre… Mais on fait avec !!

Nous avons donc fait 5 semaines dans cette ferme de mangues, on a rencontré des gens super chouettes, on s’est fait des bons copains !! Une belle équipe qu’on était ! Mais toutes les bonnes choses ont une fin… Enfin pas tout à fait ! L’entreprise dans laquelle nous travaillions possède une autre ferme dans le Queensland, à 4h au sud de Cairns. Elle nous a proposé d’y aller travailler pour encore 6 semaines, la saison des mangues étant décalée dans le Queensland par rapport au Northern Territory. Alors nous voilà de nouveau sur la route, pour quelques jours seulement ! Nous avons traversé le pays de Katherine à Townsville, ca fait 2200km au total, deux jours et demi de voyage ! L’Europe semble vraiment petite à côté, je vous jure !

Mais alors pourquoi travailler encore me diriez-vous ? Eh bien pour rester plus longtemps en Australie ! En fait, le visa que nous avons, le Working Holiday Visa, est renouvelable pour une seconde année, à condition de travailler 88 jours dans une ferme. Et comme un an en Australie, c’est définitivement pas assez pour tout voir, eh bien nous allons faire nos jours de ferme pour rester un peu plus longtemps ! Nous en avons maintenant 35, plus que 53 !!

Nous voilà donc reparties pour 6 semaines dans les mangues !!

Manguement vôtre !!

Pascale & Coline

Darwin et Litchfield NP

Arrivées de nouveau dans la city. Ça nous fait toujours bizarre après plusieurs mois passés à vadrouiller au milieu de nulle part de se retrouver dans la civilisation. Comme nous étions perdues au milieu de tout ce monde et après s’être fait klaxonner plusieurs fois on a vite posé le van dans un endroit sûr. Et c’est parti pour l’exploration de la ville. Petit topo historique (enfin, qui ne remonte pas si loin que ça).

Darwin est la capitale du Territoire du Nord. C’est une ville relativement récente car elle a été entièrement reconstruite en 1974 suite aux ravages du cyclone Tracy. Elle a bien failli être rayée de la carte, le cyclone a fait 66 morts avec des vents atteignant plus de 290 km/h. C’est une ville très cosmopolite et de transit, les fonctionnaires, les militaires restent pour la plupart 2-3 ans le temps d’honorer leurs contrats puis s’en vont chercher bonheur ailleurs.

On s’est pas mal baladées dans la ville et notamment dans les parcs de jeux ! Oui oui nous sommes un peu retombées en enfance mais c’était bien obligé avec des parcs comme ceux- là ! Ils sont immenses ici, entièrement fabriqués en bois pour la plupart, avec des toiles tendus pour protéger les enfants du soleil. Un vrai parcours de psychomotricité grandeur nature !! Les instits vous seriez ravis !!! Les notre c’est du pipi de chat à côté ! Encore une fois je n’ai pas de photo mais promis je vous en mettrai une de la côte est !

Nous avons fait un petit tour également le long de la plage. On ne s’est pas baignées car il peut y avoir des crocodiles et des méduses mortelles à cet endroit-là. Ne vous inquiétez par les mamans, nous sommes entières (pour le moment !). On s’est donc repliées dans un endroit sûr et climatisé : le Museum and Art Gallery of Northern Territory qui est l’un des principaux pôles culturels de Darwin. On a pu y admirer de l’art aborigène, plus précisément la peinture. La plupart des peintures se compose d’un assemblage de points et de cercles en tout genre. Leur interprétation est très intéressante. Là ou ne voyions qu’un assemblage de points et d’arcs de cercle. Le peintre y voit des humains dans un champ de patates. Malheureusement nous n’avons pas de photos, mais je vous jure que c’était difficile de voir les patates !! La peinture aborigène est assez incroyable. C’est une explosion de couleur, un concentré de formes géométriques, on a beau retourner le tableau dans tous les sens, il est impossible d’y trouver un sens. Le tout peint par des gens remarquables qui transmettent un peu d’eux-même dans leurs tableaux. Bon je ne ferais pas une bonne critique d’Art, mais tout ça pour vous dire que l’Art aborigène vaut le détour !

On a particulièrement apprécié le jardin botanique qui abrite une collection de spécimens de la flore tropicale parmi les plus beaux du pays. Des palmiers, des baobabs de partout et même un python qui traîne dans un arbre immense à l‘entrée du parc. Je pense qu’on retiendra surtout le sauvetage du papi qui a foncé en fauteuil roulant électrique, droit dans un poteau (en plastique heureusement) en pensant qu’il pouvait passer sur le chemin en mode 4×4. C’est que ça va vite ces engins !!! On l’avait pourtant prévenu que ça n’allait passer, mais bon têtus comme ils sont les anciens… On a du se mettre à 4 pour le sortir de là. En bon insuffisant cardiaque on a bien cru qu’il allait falloir le réanimer, mais plus de peur que de mal. Il est bien reparti sur ses 4 roues en bougonnant (c’est que ça devait pas trop mal aller…).

Nous avons quitté Darwin sans regret et conduit en direction de la péninsule de The Lodge of Dundee où nous avons fait seulement un arrêt repas. On s’est dit qu’on serait bien, là, pour cuisiner !

Nous nous sommes ensuite arrêtées aux Berry Springs. Ce sont de superbes trous d’eau alimentés par une source. Ces piscines naturelles sont peuplées d’arbres en tout genre (les niaoulis et les pandanus : pour continuer dans les blagues de mauvais goût) et d’oiseaux tous aussi exotiques. Quelques minutes de trempette dans l’eau à 26 degrés (trop chaud!!), le tout en restant au bord et bien attentives aux crocos qui pouvaient pointer leur nez (l’endroit venait d’être vérifié). Des enfants jouaient au loin ils auraient donc été mangés en premier, les crocos préfèrent la chair tendre, c’est bien connu. Redevenons sérieux, les enfants n’étaient clairement pas en sécurité.

Cap sur Litchfield National Park ! On en aura fait des parcs nationaux et ce n’est pas le dernier !

Petit parc, d’une superficie de 1500 km2 seulement, il offre une superbe palette de cascades, trous d’eau et de randonnées tout ça garanti sans crocodiles. Nous pouvions donc nous baigner en tenue d’Eve sans se faire croquer un bout de fesse.  Il ne faut pas nous prier bien longtemps, quand il y a de la randonnée et en prime une petite baignade à la clé, on est au taquet ! En route, donc, pour la tournée des cascades, des chutes et des sources. Oui oui oui tout ça. Nous avons passé 4 jours et des poussières en dehors du temps.

Premier arrêt les Termitières. Parlons-en de celles- là. On ne dirait pas, mais il y en a là-dedans. Pour vous la faire courte : il y a deux types de termitières : les cathédrales (les plus hautes) et les magnétiques.

Les termitières magnétiques ont des allures de pierres tombales. Ce qui est cocasse d’ailleurs car seule la pointe est utilisée pour enterrer les morts. Ces termitières sont parfaitement alignées en direction Nord-Sud, de façon à ce qu’il y ait seulement une façade qui soit exposée à la fois, dans le but de conserver les aliments et une humidité constante au sein de la termitière. En gros, elles captent le soleil du matin et échappent à la chaleur de l’après-midi. Pas bête hein?!

 -Dis Jamy, tu savais que les termites étaient aveugles ?

-Eh oui Fred, elles le sont effectivement. Les scientifiques n’étaient pas sûr si elles utilisaient le soleil pour se guider alors ils ont fait une petite expérience. Ils ont utilisé un champ magnétique artificiel différent du champ magnétique terrestre et ont observé la réaction des termites. Ces dernières ont modifié la termitière de façon à ce qu’elles soient alignées dans la direction nord-sud du champ magnétique artificiel. Conclusion: non seulement les termites sont aveugles mais possèdent une vraie boussole interne.

Une dernière chose sur les termitières cathédrales. Elles sont très grandes, certaines peuvent dépasser les 3 mètres. En période humide, lorsque les inondations sont fréquentes, les termites remontent pour habiter la partie émergée, afin de continuer la pérennité de la termitière. C’est qu’elles sont intelligentes ces petites bêtes même si elles ne payent pas de mine.

La tournée des cascades commence maintenant: pour commencer Florence Falls. Un petit bijou de cascade celle-ci. On y est d’ailleurs retournées sur le chemin du retour tellement ça nous a plu. Pour nous c’est la plus belle de ce parc. Ensuite, Buley Rockholes: comme son nom l’indique c’est une série de petites chutes et de trous d’eau, un endroit parfait pour se relaxer et méditer sur son caillou. Wangi Falls, une autre chute assez spectaculaire mais assez touristique, on a cru se retrouver à la piscine avec toutes ces frites géantes et bouées gonflables. De coup, le lendemain, direction le lieu-dit ”Cascades”, ça s’invente pas! Une petite marche avec plusieurs accès, on a choisi le plus loin pour être bien tranquilles, personne avec nous dans l’eau, nickel! On a fini notre périple dans Litchfield Park à Walker Creek, à nouveau une petite promenade de 30 minutes avant de rejoindre une belle… cascade pour changer! Un petit coin bien sympa quand même! Il y aurait encore d’autres cascades à vous raconter, si vous saviez…

Pour qualifier ces derniers jours, voici deux mots : R&R, ce qui veut dire Rest and Relax !

See ya!

Kakadu National Park

 

Après une dernière trempette dans les piscines naturelles d’Edith Falls, nous voici en route pour le parc national de Kakadu ! Ce mot se prononce kakad[ou] (ou pour nous autres quidam francophones, caca doux!) et vous vous en doutez bien, il s’agit là pour nous d’une source inépuisable de jeux de mots douteux en tout genre !! Nous avons fait part de cette belle blague à quelques connaissances australiennes, ça les a bien fait rire ! L’un d’entre eux a par ailleurs suggéré que les australiens auraient eu mieux fait de se concerter avec les français avant de nommer leurs parcs !!

Blague à part, Kakadu c’est un sacré joyau de la nature ! Il s’étend sur 20’000 km2, ce qui en fait le plus grand parc naturel de l’Australie. Il est principalement accessible durant la saison sèche (appellée le dry, qui s’étend d’avril à septembre ), car lors de la saison humide (le wet, d’octobre à mars), il est en grande partie inondé suite aux pluies torrentielles qui s’abattent sur la région, en moyenne 1500mm de pluie sur les 6 mois du wet ! Bon rassurez vous, tout était bien sec quand nous y étions ! On a eu bien chaud, et l’air y était bien humide aussi ! La moumoutte de Pascale s’en donnait à coeur joie !

Le parc de Kakadu constitue une réserve naturelle pour la faune et la flore sans équivalent en Australie. Chasse et pêche d’accord, mais super contrôlés  ! Il s’agit donc d’un lieu où prospèrent en toute tranquillité autres Wallabies, Buffalo, chevaux sauvages, ainsi que de grand nombre d’oiseaux sauvages comme les aigles marins, ou encore les canards (hé oui, ici aussi!). Les terres de Kakadu regorgent aussi des animaux un peu moins sympas, tels que des serpents, un bon nombre d’araignées (Coline était ravie ravie ravie!!) et … les crocodiles ! Mais ça, nous y viendrons plus tard !

Kakadu, c’est également un des berceau de la culture aborigène dans le territoire du nord. Un musée y est d’ailleurs consacré au sein du parc. Et c’est très intéressant ! Ils ont un lien très étroit avec la nature et leurs connaissances de la faune et la flore sont impressionnantes. Il faut savoir que les aborigènes sont les descendants directs des premiers hommes arrivés en Australie il y a environ 60’000 ans. Jusqu’à l’arrivée des blancs au 17ème siècle, et l’installation des premières colonies anglaises au 19ème siècle, les aborigènes vivaient bien pépouzes, tranquillou sur leur île, sur laquelle ils avaient appris au fil du temps à composer avec la nature difficile de l’Australie. Ce sont les hommes les mieux adaptés pour survivre aux fortes chaleurs du désert, et ils sont capables de se nourrir avec de nombreuses plantes trouvées dans le bush. La notion de culture est très importante pour les aborigènes, c’est ce qui se transmet de génération en génération. Cette culture comprend de nombreuses histoires racontant comment les animaux de la création ont dessiné les paysages que nous voyons maintenant :les rivières par exemple, sont souvent comparées à des serpents, la tête du serpent étant la source. Ces histoires décrivent également la création des forêts, des montagnes… Certaines histoires se racontent également sous forme de contes : elles transmettent aux enfants les dangers liés à la nature, tels que les crocodiles ou encore le danger de quitter le campement lorsqu’il fait nuit. Certaines de ces histoires remontent à plusieurs millénaires, et il est possible de retrouver certaines peintures rupestres les décrivant dans le parc de Kakadu. D’où l’importance de ce site pour la population aborigène. Ces peintures sont facilement accessibles et visibles par tous. Certaines formes sont reconnaissables : wallabies, tortures, crocodiles. Les hommes sont également représentés, sous forme de bonhommes très simplifiés, mais sachant que ces peintures datent d’il y a environ 3’000 ans (voir plus!), et bah c’est plutôt pas trop mal fait pour l’époque !

Le cas des Aborigènes ici en Australie, c’est un peu un sujet tabou… Comme je l’ai dit plus haut, les aborigènes sont arrivés en Océanie il y a au moins 60’000 ans, et ils étaient plutôt bien tranquilles sans nous. Puis les hommes blancs ont débarqué, Thomas Cook (explorateur anglais) en premier. Sur les Aborigènes, il écrira que ces derniers ne montraient pas le moindre intérêt pour les hommes blancs, qu’en fait, ils avaient l’air d’attendre qu’une seule chose : Que les blancs s’en aillent…Alors oui, je vous entend d’ici,”ouh la la, Pascale est est super calée niveau histoire australienne !!” Que nenni les amis, mes infos, je les tire d’un livre appelé Nos voisins de dessous, écrit par Bill Bryson (merci Clémence!!). Si vous voulez en apprendre plus sur l’Australie, le tout dans une prose remplie d’humour et un brin sarcastique, ce livre est pour vous.

Bref, revenons-en à nos Aborigènes ! Malheureusement pour les eux, les anglais sont revenus, et surtout ils sont restés. On peut pas vraiment dire que les British aient essayés d’intégrer les aborigènes dans leur nouvelle société australienne. Pendant longtemps, les Aborigènes ont été traités comme des sous-hommes. Les lois australiennes ne les reconnaissant pas, ils ont été victime d’esclavage, et de nombreuses violences et de massacres. Les Aborigènes n’ont acquis la reconnaissance de l’état Australien que dans les années 1960, suite à un referendum de longue haleine… Aujourd’hui encore, dans la société australienne, c’est pas folichon. Quand on en parle avec les australiens, on se rend souvent compte que souvent, ils ne savent pas trop quoi en penser : D’un côté, ils se disent que les aborigènes sont présent ici depuis bien plus longtemps qu’eux, et d’un autre, ils revendiquent qu’ils sont australiens, qu’ils sont nés sur cette île, qu’ils ont grandi ici, et que donc l’Australie, c’est aussi chez eux finalement. Au final, c’est un peu à l’image du comportement du gouvernement australien vis à vis de la population aborigène : On commence à les reconnaitre, on leur donne leurs droits, on leur rend leurs terres, mais bon, faut pas trop en donner non plus, ça reste des aborigènes.

Bon, assez d’anthropologie pour cette fois-ci !

Venons-en dans le vif du sujet ! LES CROCODILES ! Mais oui mais oui, on les à vu ces belles bêtes. Et pour cela, nous avons fait une petite ballade en bateau, sur la Yellow Water River. Nous voici donc embarquées sur notre vaisseau pour deux heures de découverte de la faune et la flore locale. Notre guide pour cette excursion était la tchatche incarnée (sur les deux heures, je pense qu’on a eu le droit à moins de 5 minutes de silence), mais il avait aussi une sacrée connaissance sur les oiseaux et autres animaux rencontrés en chemin. Toutefois, une consigne de départ : On ne laisse trainer ni les bras, ni les jambes en dehors du bateau et tout ira bien ! Croyez moi, j’ai rarement vu des touristes autant respecter des consignes fournies par un guide ! On était tous appareil photo dans les mains, à l’affut des crocodiles A peine deux minutes après avoir quitté le ponton, en voilà un qui se promène tranquillou dans les eaux de la rivière. Bon, apparement pas très content de nous voir arriver, il a décidé de retourner voir ce qu’il se passait plus en profondeur. Tant pis, c’était de loin le dernier que nous allions voir. Pendant les deux heures de croisières, nous avons dû voir une belle quinzaine de crocodiles, certains se dorant la pilule sur les rives, d’autres se promenant dans les eaux, certains venant même nous faire un petit coucou vers le bateau (ma théorie, c’est qu’ils cherchaient plutôt un bras ou une jambe qui pouvait trainer par là…). On distingue ici en Australie deux types de crocodiles : Les crocodiles d’eau douce, appelés communément freshies et les crocodiles marins, nommés salties. Oui les australiens aiment bien mettre le suffixe -y ou -ies au pluriel après les noms. Genre les moustiques, mosquitos en anglais, ca devient Mozzies, ou encore le petit déjeuner, en anglais Breakfast, se voit raccourcir par nos amis du Land down under pour devenir Brekky. Bref, je m’égare, je m’égare. Les crocodiles donc. Dans le parc de Kakadu, l’espèce indigène, c’est le freshy. Logique, le parc se trouve dans les terres, et il est traversé par des rivières d’eau douce. Les freshies on les aime bien encore, ils sont de taille raisonnable, et surtout, ils ont pas trop l’air intéressés par les jambes ou les bras humains. Des gentils crocodiles quoi ! Le hic, c’est que les rivières de Kakadu se jettent dans la mer au nord du parc, et qui dit mer, dit crocodiles marins. Et les crocodiles marins, ces gros malins, ils remontent les rivières et viennent se poser dans les marais de Kakadu, parce que il y a apparement plus à manger ici que sur les côtes. Et les salties, ils nous font pas trop rigoler, nous petits humains, parce que ce sont des mastodontes. Ils peuvent aller jusqu’à un dizaine de mètres de long, et peser un bon 500 kg voir plus. Ils peuvent également courir assez vite aussi, sur des petites distances. Pis surtout ! Ils aiment bien la chair humaine et ils bouffent aussi les gentils petits freshies… Alors bon, vaut mieux s’en tenir loin de ceux-ci ! Je dois quand même avouer que ce sont des animaux assez majestueux, et que c’est bien plus beau de les voir dans leur habitat naturel, que dans les zoos ou autre ferme aux crocodiles… Outre les crocodiles, on a également vu de très nombreux oiseaux dont on se souvient pas des noms (eh ouais, bah désolé, mais notre guide avec sa tchache, il nous a un peu envoyé trop d’informations à la fois, difficile de tout retenir!), mais aussi des wallabies, des chevaux sauvages (c’est beauuuu), et des cochons sauvages qui font des ravages dans les prairies (un peu comme les sangliers dans les cultures de maïs… c’est pas beau à voir). En fait, dans le parc, il y a les espèces indigènes, comme les wallabies, ou les crocodiles, et puis il y a les espèces importées par les blancs, comme les chevaux redevenus sauvages, ou encore les cochons ou bien les buffalos. Ces deux dernières font des gros ravages dans le parc, mais bon, impossible de les retirer du parc, il y a bien trop d’individus maintenant. Alors on les laisse là, mais on en chasse un partie, afin qu’ils ne se répandent pas trop non plus.

Un dernier crocodile pour la route (et pas un petit chat hein, un bon vieux croco d’environ 4,5m de long!) et puis voici déjà la fin de notre ballade. Cette dernière est ponctuée d’un superbe coucher de soleil sur les marais. C’est à ce moment que notre guide a enfin décidé de se taire afin de nous laisser profiter du moment ! Blague à part, c’était vraiment un super guide !!

 

Le problème avec Kakadu, c’est que beaucoup de coins du parc ne sont accessibles qu’en 4×4, alors bon, avec Félicie on était un peu limité quoi. Du coup, pas de soucis, direction Nourlangie, accessible avec une belle route bien goudronnée. Nous y avons fait une joli rando d’une douzaine de km, le tout dans le chaleur humide bien étouffante ! Mais c’était chouette quand même, avec au sommet un joli panorama sur le parc.

Le soir, nous voilà rendues à Merl, dans un des campings officiels du parc. Grave erreur que nous venions de commettre là… Le ranger venu nous faire payer la taxe de séjour nous le dit direct : ” Vous auriez pas dû venir là, beaucoup beaucoup de moustiques ici !”. Ah bon, bah merci de nous le dire après que nous ayons payé. Tant pis, pas grave, on est parées : Félicie est équipée d’une super moustiquaire, Made by Coline Bouiller herself ! Nous nous pensions donc bien protégées ! Que nenni ! A 19h, le soleil couché, c’est une armée (et je ne mâche pas mes mots!!!) de moustiques qui s’est ruée sur nous. Impossible de manger dehors, nous avons dû nous remplier en catimini dans Félicie pour finir notre bol de pâtes. Si c’est pas malheureux ça… Bon le reste de la nuit, pas besoin de vous faire un dessin, on a pas dormi grand chose. En plus des moustiques, il faisait une chaleur étouffante dans le van. Bref, on a passé la nuit à se taper parmi en essayant de tuer les moustiques. Vers 6h du matin, le soleil commençait à se lever, on s’est préparées en deux minutes chrono (on serait prête pour Fort Boyard, je vous le dis !!), on a déjeuné en autant de temps, et on s’est vite barrées du camping. Imaginez, on a ensuite roulé pendant deux heures, fenêtres grandes ouvertes pour faire un bon courant d’air pour dégager les moustiques, eh bah ces bâtards étant toujours présents dans le van lorsque nous nous sommes installées au camping ! On s’en souviendra de celle là !

On vous laisse ici, on va compter nos piqures de moustiques ! (Après décompte, c’est Coline qui a gagné!)

La suite au prochain épisode !

Une petite vidéo pour résumer notre séjour à Kakadu !

Western Australia Suite et fin! Arrivée au Northern Territory!

Bonjour !

Après avoir tristement déposé Amandine à Karratha (toutes les bonnes choses ont malheureusement une fin) nous avons repris la route à nouveau à deux en direction de Broome.

Nous voici dans une nouvelle région : le Kimberley. On a déjà vu la différence en sillonnant le désert. Les paysages sont un peu plus vallonnés et se distinguent par les nombreux baobabs qui se dressent parfois dans des positions plus ou moins biscornues. Précisions maintenant, que nous ne voyons désormais plus trop de kangourous morts sur le bord de la route mais des vaches !!! Et oui des énormes vaches sauvages qui ne ressemblent en rien à celles de chez nous. Et bonjour les odeurs !

Le Kimberley se situe dans le nord-ouest de l’Australie, c’est l’une des régions les moins peuplées. Seules deux routes la traversent, l’axe que nous avons emprunté et la Gibb River Road. Cette dernière représente un défi pour un bon nombre de personne et surtout pour les touristes. Il s’agit en fait de 650 km de route gravillonneuse au milieu de nulle part, avec des trous en formation et des rivières à franchir (attention aux crocodiles). Autrement dit accessible uniquement en 4×4. La plupart des conducteurs chevronnés qui empruntent cette route, vont directement chez le garagiste à la fin de leur périple. Enfin, s’ils arrivent jusqu’au bout ! Un peu déçues de n’avoir pas pu la faire mais autant vous dire que notre Félicie n’aurait jamais tenue le choc !

Revenons à nos moutons !

Broome est connue pour sa plage, Cable Beach et les perles. En 1910 Broome était la capitale mondiale de l’industrie perlière produisant 80% de la nacre traitée dans le monde entier. Bon maintenant ce n’est plus ce que c’était, les perles sont dans le déclin, il y a en a encore en vente dans quelques magasins, mais c’est évidemment très cher. Nous nous sommes un peu baladées en ville, il y a même un chinatown à Broome ! Bon ça fait uniquement une rue mais les chinois sont bien présents! La présence de ce quartier est due à la main d’oeuvre chinoise émigrée à Broome lorsque l’industrie des perles était en plein essor. Hé oui, déjà à l’époque, on faisait appel aux petits chinois! Bref, nous n’avons testé cette fois-ci, ni les coiffeurs, ni les restaurants chinois. Pour la petite histoire ça ne nous réussis pas quand on est toutes les deux…

Par contre nous sommes allées bien-sûr à Cable Beach. Elle doit sont nom aux premiers câbles de télégraphes qui furent posés en 1889 pour relier l’Australie à Londres et à Java. C’est une plage immense, l’eau est claire et bien chaude. Aucun mal pour rentrer dans l’eau cette fois-ci ! Nous n’avons pas passé 5 mn dans l’eau que nous avons été abordées Marge. Une dame venue avec son mari depuis Melbourne. Entre deux méduses évitées par- ci par- là, nous avons papoté pendant un bon moment toutes les trois dans l’eau. Ils nous ont été d’une grande aide et de bons conseillers quant à la suite de notre voyage. On les reverra surement sur la côte Est. Le coucher de soleil depuis la plage est également magnifique, on peut apercevoir le défilé de chameaux passer juste devant. Dommage pour nous on ne les a pas vu !

On a fait pas mal de route, traversé des petits villages pour arriver au fameux et tant attendus Bungle-Bungles. Le nom est difficilement prononçable, oui oui après pas mal de tentative on n’y arrive toujours pas alors on s’en tient au nom aborigène qui est plus simple : Purnululu.

Le parc national de Purnululu, vaut le détour. On voulait vraiment le faire celui-là mais la route ressemble un peu à celle de la Gibb River Road mais en pire. Après moult masturbations de nos esprits, on a décidé de réserver un tour en super camion 4×4 pour aller voir ces magnifiques roches. La ceinture est obligatoire mais on sait pourquoi, on a fait les montagnes russes dans le camion. Le parc est accessible uniquement pendant la saison sèche, il faut se déplacer en 4×4 ou en avion et apporter de quoi se sustenter durant la durée du séjour. Il couvre environ une superficie de plus de 300’000 hectares. Et bien on n’a pas été déçues, Pascale était aux anges devant toute cette beauté géologique. Et il y a de quoi!! Les bungle-bungles sont constituées de couches de grès (en gros, du sable bien compacté par le temps!) possédant une forme bien particulière: des domes! des domes partout! La responsable à cela? Encore une fois notre bonne vieille érosion! Et oui, elle en fait des choses celle-là! Vous pouvez aussi remarquer des alternances de couches grises et des couches oranges-rouges. Bon, on va voir si vous avez bien retenu à leçon des derniers articles: A quoi peut bien provenir la couleur orangée? Hhhmmm des idées? Hé bien encore une fois, il s’agit du fer présent dans la roche qui s’est oxydé au contact de l’oxygène. Concernant la couleur grise, je l’avoue, c’est un peu plus compliqué: Il s’agit en fait d’algues qui ont poussées sur la roche. Quoi qu’il en soit, ces couleurs grises et oranges sont le résultat de l’altération de la roche. Elles forment une croûte autour des domes : si vous enlevez la croûte, vous retrouverez un grès. bien beau, bien propre!! Magique non?

Après s’en être mis plein la vue et la panse nous avons emprunté un bout de la Gibb River Road pour aller à Emma’s Gorge. Bon, elle était goudronnée au début puis il a fallu franchir un petit court d’eau, puis un deuxième, puis un troisième. Ah et bien non…. On s’est arrêtées avant le troisième car il était quand même un peu profond celui- là. On n’a pas voulu risquer de couler Félicie. Heureusement c’était à quelques mètres de l’entrée du parc, on a pu finir à pied. Après 40 minutes de marche dans les rochers, nous avons pu nous baigner dans la gorge ! Une des premières gorges dans laquelle on s’est baignée d’ailleurs. Et bien elle ne paye pas de mine ! C’était superbe ! Une immense cuvette très haute, entourée de ces fameuses roches rouges avec une petite cascade parfaite pour se faire masser les trapèzes endoloris. Idyllique pour piquer une tête et se rafraichir. Je vous laisse en juger par vous-même.

Passé cet instant de détente nous avons visité le Parc National de Mirima. C’est une version miniature du Purnululu. Bon c’est vrai qu’on ne peut pas comparer. C’était tout de même charmant, et il y avait plein d’arbres fruitiers et autres plantes utilisés couramment comme plantes médicinales. Aux anges la Coline cette fois-ci !

Après ce petit intermède nous avons roulé jusqu’à Kununurra puis au Lake Argyle. Ce dernier est le deuxième plus grand réservoir d’eau en Australie. Nous avons campé dans un très bel endroit avec piscine à débordement et une superbe vue panoramique sur le Lake. Ca fait du bien de temps en temps de se laver! Le lendemain nous avons fait une tentative de randonnée mais le sentier n’était pas bien entretenu. On a quand même pu arriver devant un très joli point de vue, qui a valu les nombreuses égratignures obtenues pendant l’ascension dans le bush et tout ça à 7h30 du matin ! Et oui on est des lève-tôt! En même quand le soleil se lève à 5h…

Comme dit le proverbe « l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt » nous avons donc filé à Katherine à la poursuite de notre périple. Nous avons franchi de nouveau une nouvelle région : le Territoire du Nord ! Ca y est, c’est le nord !!!!. Nous ne sommes pas chez les chtis mais au pays du moustique communément appelé Mozzie et de l’humidité ! La moumoute, baromètre de Pascale s’est mise à friser  !!

Katherine est connue pour le Nitmiluk National Park et ses sources thermales (nous ne les avons pas encore testées mais c’est prévu). Nous y avons passé quelques jours afin de profiter des Gorges. Une petite randonnée d’une 20 aine de km et plouf un plongeon bien mérité dans une des gorges. A oui, l’arrivée dans ce territoire a été également marquée par notre première rencontre avec un serpent. Enfin je dois dire pour Pascale, car elle a marché dessus. Je ne sais pas lequel des deux a été le plus surpris… Vue de près je dirais Pascale, à en juger par les cris et les sauts de gazelle ! Plus de peur que de mal heureusement. Pour nous remettre de nos émotions nous sommes allées piquer une tête à  Edith Falls. Il n’a pas fallu marcher bien longtemps pour la trouver mais qu’est-ce que c’était beau. Paradisiaque !

 

Et une petite vidéo pour résumer tout cela!!

A bientôt pour de nouvelles aventures.

 

Karijini National Park

On quitte Exmouth en rêvant encore des requins baleines… Direction, Karijini national park!

Deuxième plus grand parc national de l’Australie de l’Ouest, Karijini est situé dans les terres. Il nous faut donc une longue route pour l’atteindre, environ 600km d’Exmouth jusqu’à la ville de Tom Price, dernière grande ville avant le parc. Après avoir fait le plein de nourriture (pour nous) et le plein d’essence (pour Félicie), nous pouvons enfin nous rendre dans Kariniji.

Et croyez nous… c’est de toute beauté !

Le parc national de Karijini est connu pour ses montagnes aux roches rouges écarlates. Cela est dû à la présence de fer dans les roches!.

Petit topo géologique !
Les roches de Karijini sont des roches sédimentaires : Elles se sont formées dans le fond des océans il y a fort fort longtemps, 2,5 milliards d’années (Eh oui, des vieilles dames ces roches!). Il y avait à cette époque beaucoup de fer dissous dans l’eau des océans. A cette même époque, des bactéries (cyanobactéries pour être précise) ont colonisé les océans. Elles sont très importantes ces bactéries, parce que ce sont elles qui ont transformé le CO2 en oxygène, d’abord dans les océans, puis dans les airs une fois que les océans étaient saturés en oxygène. C’est grâce à ces supers bactéries que la vie sur terre à pu se développer. Merci merci! Revenons-en à nos océans: le fer dissous dans l’eau s’est associé à l’oxygène, ce qui a permis sa précipitation (passage à l’état solide). Le fer précipité s’est ensuite déposé dans le fond des océans, parmi les sédiments déjà présents.  Suite à un mouvement tectonique, ces roches se sont retrouvées exposées à l’air libre. Vous avez tous observé ce que fait un objet en fer à l’air libre ? Il rouille. Eh bien les roches c’est pareil ! Le fer contenu dans les roches s’oxyde au contact de l’oxygène, donnant la teinte rouge à la roche.
Les roches présentes à Karijini sont marneuses : elles sont constituées d’un matériel très fin. Du coup, l’érosion de la roche produit une poussière rouge, que les australiens appellent la Red Dirt. Et cette red dirt à la capacité de se faufiler partout ! Un peu comme les confettis de la fête des vendanges de Neuchâtel, on la retrouve encore quelques années après dans ses affaires ! On serait d’ailleurs même pas étonnées qu’Amandine en ait ramené un peu en France!!. Merci les collègues infirmières pour les lingettes, ca a bien servi !! Mais c’est aussi cette red dirt qui donne toute sa magie au Parc de Karijini…

Nos premières excursions de déroulent à Dales Gorge, situés juste à côté de notre camping. C’est un coin plutôt touristique. Les chemins de promenade longent la rivière jusqu’à une chouette cascade, nommée Fortescue Falls. Un peu plus haut, on trouve également Fern Pool qui vaut le coup d’oeil. En se promenant dans les gorges, on trouve une dernière ”pool”, nommée Circular pool. Celle-ci était un peu moins visitée par les touristes, et la végétation sur place lui donnait un petit air Feng-shui plutôt sympa. Niveau baignade en revanche, on repassera ! La température de l’eau devait être autour de 15°C. Il y a que Pascale qui a réussi à y mettre les jambes, et apparement, c’était bien assez !

Le soir, au camping, on est allées à une petite présentation sur les étoiles, proposée par Phil, un australien passionné d’astronomie. Accueillies par la musique de Star trek (aahh l’humour australien), on se croyait presque au cinema ! Phil nous a montré les différentes constellations présentes dans le ciel de l’hémisphère sud (complètement différent de celui de l’hémisphère nord !! La grande ourse, tu peux la chercher un moment!!). Il y a une constellation très utile pour les australiens : Elle s’appelle Southern Cross. A l’aide de Centaure et son accoloyte, et de la Southern Cross, il est possible de retrouver le sud géographique. Plutôt utile non ? Ce soir là, nous avons également vu les constellations du Scorpion, de la Vierge, du Sagittaire et du capricorne. Il y avait également 3 téléscopes orientés vers les planètes présentes dans le ciel : On a vu Saturne et Jupiter !! Et ça vaut son pesant de cacahuète !!

Le lendemain, direction Knox Gorge. Pour y accéder, il a fallu faire un petit bout en Félicie tout terrain : La route n’était pas goudronnée, mais Coline a piloté comme un chef entre les cailloux et les trous pour nous amener à bon port. Et ça valait le coup ! Beaucoup moins touristique, et bien plus belle que Dales Gorge, Knox Gorge est un petit coin de paradis. Le sentier longeait la rivière jusqu’à ce que la gorge se ressert. Le contraste entre les roches rouges/oranges et la rivière verte était superbe ! Les photos parlent d’elle-même…

Pour notre dernier jour à Karijini, on fait pas les choses à moitié : Ascension du Mont Bruce ! Enfin ”Ascension”. Une petite randonnée de 2h (dénivellé 450m) pour arriver au sommet. Une fois en haut, on trouve un sacré panorama sur les montagnes du parc…mais aussi sur les mines de fer présentes dans la région.

 

Héé oui, paradoxalement, juste à côté du parc national de Karijini (zone de préservation de la faune et la flore), se trouvent plusieurs sites miniers, de taille assez importante. Ces derniers exploitent le fer présent dans les roches rouges de Karijini. Nous avons pu visiter une mine, et comment vous dire, c’est plutôt impressionnant… de part la taille de l’open pit (le gros trou où la roche est exploitée) mais aussi par les infrastructures mises en places pour l’exploitation. Quelques chiffres pour vous en faire une idée :

  • Production annuelle en 2008 : 28 millions de tonnes, juste pour la mine à Tom Price. Pour l’ensemble de l’Australie, la production était de 318 millions de tonnes en 2015. Et la production ne cesse d’augmenter…
  • Vous voyez les gros trucks utilisés pour transporter le minerai dans la mine, he ben la benne à l’arrière peut contenir ”juste” 240 tonnes de minerai. Quant à la consommation en gasoil, ces machines possèdent un réservoir de 4500 litres (il faut 30 minutes pour faire le plein…), et elles utilisent 30L pour faire… 1km ! Et, il y avait environ 25 de ces trucks dans la mine que nous avons visitée. On vous laisse faire le calcul pour la facture en diesel…
  • Bon il y a aussi les supers pelles mécaniques, avec des godets d’une capacité allant de 15 à 21m3…. leur réservoir de gasoil fait 7450 litres…
  • Le minerai est trié en fonction de sa teneur en fer :
    • si elle contient plus que 60% de fer, il est considéré comme riche en Fer
    • entre 50% et 60%, il est ”pauvre” en Fer
    • en-dessous de 50%, il est considéré comme déchet, il n’est donc même pas traité, et est entreposé sous forme de gros tas dans un coin de la mine…
  • Le minerai subit ensuite divers traitements : Concassage, Centrifugeage, lessivage, le but étant de séparer les impuretés du minerai, et de le rendre plus facile au transport.
  • Après traitement, le minerai est transvasé dans des wagons puis acheminé vers la côte par transport ferroviaire. Les trains font en moyenne 2,5km de long, soit 236 wagons, transportant chacun environ 120 tonnes de minerai… Ca en fait du caillou!!
  • Dans les ports côtiers, le minerai est enfin transvasé dans de gros cargos, qui achemine ensuite tout ça vers la Chine, principal importateur du Fer australien.

Ca donne le tournis tous ces chiffres hein ?! Une belle prise de conscience de l’énergie déployée pour produire les matières premières nécessaires à notre quotidien. Ca donne de quoi réfléchir un peu sur notre société de consommation…

Bref, on arrêtera ici le passage Nicolas Hulot du jour, pour revenir une dernière fois sur la beauté du parc de Karijini. Surement un des plus beaux endroits que nous avons visité jusqu’ici en Australie.

Nous repartons en direction de Karratha, pour qu’Amandine puisse prendre son avion pour rentrer en France. Quant à nous, on continue la route à nouveau à deux, et toujours en direction du nord ! Maintenant qu’on sait comment trouver le sud par les étoiles, on devrait pas se perdre !!

See ya !